Analyse de l'ultrafiltration pendant la stase longue sous icodextrine en dialyse péritonéale automatisée
DOI :
https://doi.org/10.25796/bdd.v8i1.86303Mots-clés :
Dialyse péritonéale, Dialyse péritonéale automatisée, Insuffisance rénale chronique, Icodextrine, Maladie rénale chronique, Pression intra-péritonéale, UltrafiltrationRésumé
Les propriétés osmotiques uniques de l'icodextrine permettent une gestion efficace des volumes de liquide dans la cavité péritonéale en limitant la réabsorption. Toutefois, des variations persistent lors de périodes de stase prolongée en dialyse péritonéale automatisée (DPA), ce qui constitue un défi clinique et accroît le risque d'échec de traitement. Cette étude vise à examiner les phénomènes d'ultrafiltration (UF) négative durant la stase diurne chez les patients en DPA sous icodextrine, ainsi qu'à identifier les facteurs associés à cette occurrence. Une étude rétrospective observationnelle monocentrique sur l'UF réalisée pendant les périodes de stase prolongée d'icodextrine en DPA a été menée auprès de 27 patients incidents au Centre Hospitalier Universitaire de Caen en Normandie, France. L'événement principal était la présence d'une UF diurne négative, avec la pression intrapéritonéale (PIP) comme variable d'exposition. Les analyses statistiques, y compris des comparaisons entre groupes, des régressions logistiques univariées et multivariées, ont été réalisées. Bien que la corrélation entre les variables et l'UF diurne négative n'ait pas été significative, la PIP (OR=1,06), le Volume de la dernière injection (OR=0,97) et l'Indice de Masse Corporelle (OR=0,97) présentent des tendances intéressantes. L'analyse multivariée n'a pas révélé d'association significative entre les variables et l'UF diurne négative. Néanmoins, la PIP s'est avérée être la seule variable à améliorer la qualité du modèle, suggérant un lien potentiel qui nécessite une exploration plus approfondie. Malgré le fait que la mesure de la PIP ne soit pas systématique dans les centres de dialyse, cette étude suggère ses avantages en cas de variabilité de l'UF sous DPA, soulevant ainsi des questions importantes pour la recherche future et la pratique clinique. Les limites de l'étude, notamment la taille restreinte de l'échantillon et la nature observationnelle rétrospective de la méthodologie, affectent la puissance statistique et la possibilité d'établir des liens de causalité.
Introduction
En 2022, seuls 6 % des patients atteints d’insuffisance rénale chronique de stade 5 en France étaient traités par dialyse péritonéale (DP), ce qui souligne son taux d’adoption relativement faible [1]. La dialyse péritonéale automatisée (DPA) reste cependant une thérapie fondamentale pour la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), offrant flexibilité et efficacité dans l’élimination des fluides et des solutés [2][3][4][5][6]. La DPA présente plusieurs avantages, en particulier pour les patients nécessitant un début de dialyse en urgence, car elle a été associée à une incidence plus faible de complications liées à la DP par rapport à un début d’hémodialyse en urgence [7].
Cependant, des défis persistent dans l’utilisation efficace de l’APD, en particulier dans la prise en charge d’une ultrafiltration (UF) diurne négative lorsque l’icodextrine est utilisée [8][9][10][11]. L’icodextrine, une solution complexe de polysaccharides, est largement utilisée en DP pour sa capacité à maintenir l’UF pendant les stases longues diurnes et à réduire les complications liées au glucose [11][12][13][14][15][16]. Néanmoins, une UF négative ou un défaut d’UF pendant une stase longue reste un défi clinique important, pouvant conduire à une surcharge liquidienne et à ses morbidités associées [8,10,11].
Selon l’International Society for Peritoneal Dialysis (ISPD), le défaut d’UF est défini comme une UF nette inférieure à 400 ml après une stase de 4 heures avec du glucose/dextrose 3,86 %/4,25 %, ou inférieure à 100 ml avec du glucose/dextrose 2,27 %/2,5 % [17]. Plusieurs facteurs influencent la variation de l’UF sous icodextrine, notamment les caractéristiques de la membrane péritonéale du patient, les pressions hydrostatiques et osmotiques, la composition du dialysat, ainsi que les paramètres métaboliques [8][9][10][18][19]. Lambie et al. [8]mettent en lumière ces paramètres, soulignant la nécessité d’adopter une approche rigoureuse et personnalisée afin d’assurer une gestion optimale.
Un autre facteur clé peut être la pression intrapéritonéale (PIP), définie comme la pression exercée à l’intérieur de la cavité péritonéale [20]. Cette pression est influencée par plusieurs facteurs, tels que le volume de liquide dans la cavité péritonéale, la morphologie du patient, la posture et le tonus musculaire abdominal[21][22]. La mesure de la PIP en DP, décrite pour la première fois par Durand et al. [22][23][24]dans les années 1990, est simple et non invasive. Elle consiste à placer le patient en position couchée et à estimer la pression en mesurant la hauteur de la colonne de dialysat dans la tubulure reliée au cathéter, en prenant la ligne médio-axillaire comme horizontale de référence [22][23][24]. Chez un patient en position allongée, la PIP varie entre 8 et 18 cmH2O pour un volume infusé intrapéritonéal de 2 L [22][23][24].
Notre étude avait pour objectif d’analyser l’incidence d’une UF diurne négative pendant une longue stase sous icodextrine chez des patients en DPA, en se concentrant spécifiquement sur ce phénomène et en identifiant les facteurs potentiellement associés.
Matériels et méthodes
Population de l’étude
Cette étude rétrospective, observationnelle et monocentrique a été menée dans le service de néphrologie du CHU de Caen en Normandie, France. Elle a inclus tous les patients adultes incidents en DP dans notre centre du 31 août 2018, date à laquelle la mesure systématique de la PIP a été initiée, jusqu’au 12 septembre 2022. L’étude s’est concentrée sur les patients ayant reçu un traitement par DPA pendant au moins six mois après le début de la DP. Les critères d’exclusion comprenaient les patients dont la durée du DPA était inférieure à 30 jours ou ceux qui avaient commencé la DPA plus de six mois après le début de la DP.
Définition des variables
Les caractéristiques des patients inclus dans l’étude ont été obtenues à partir du Registre de Dialyse Péritonéale de Langue Française (RDPLF). Les variables suivantes ont été extraites : âge, sexe, néphropathie initiale, indice de Charlson modifié (mCCI), statut diabétique, poids et taille.
Les prescriptions de dialyse ont été recueillies à partir des dossiers médicaux. Les variables suivantes ont été recueillies : le volume total de dialyse, le volume par cycle, le volume de dernière injection, la temps totale de dialyse, le temps de stase par cycle, la durée de stase diurne, le nombre de cycles nocturnes, l’utilisation de soluté hypertonique, l’utilisation de fluctuante et si oui son pourcentage. En outre, des données sur le volume de diurèse résiduelle, les mesures de la PIP, ainsi que les dates et les résultats du premier test d’équilibrage péritonéal (PET) et de la première clairance ont été recueillis.
Les résultats de la dialyse péritonéale ont été extraits des fiches de surveillance de la première semaine du deuxième mois de DP pour les patients inclus dans l’étude, à l’aide des logiciels Renalsoft® et Sharesource®. Les variables extraites comprenaient les UF diurnes, nocturnes et de 24 heures ; le temps de stase par cycle et diurne ; les volumes totaux, par cycles et par stase diurne. Ces variables ont été collectées au cours des sept jours précédant l’extraction et ont été moyennées, en partant de l’hypothèse que cette moyenne permettrait de corriger la variabilité au sein des patients.
Evénements d’intérêt
L’évènement d’intérêt principal était la présence d’une ultrafiltration diurne négative, définie par une ultrafiltration diurne moyenne de la semaine d’extraction des données inférieure à 0. Les patients inclus dans l’étude ont été classés en UF négative oui/non.
Variables explicatives
La principale variable d’exposition était la PIP, mesurée en cmH2O avec un volume intrapéritonéal de 2 litres. Dans notre centre, la PIP est systématiquement mesurée au 4ème jour de formation des patients, avant l’initiation de la DP. Cette mesure est réalisée systématiquement depuis le 31 août 2018, marquant le début des inclusions de patients dans cette étude. Le protocole de mesure de la PIP est conforme aux recommandations établies par l’ISPD [17].
Analyse statistique
Les variables linéaires ont été résumées à l’aide de médianes et d’intervalles interquartiles (IIQ), tandis que les variables catégorielles ont été exprimées en fréquences et de pourcentages.
Les patients ont été classés en fonction du résultat principal, à savoir l’UF diurne, une variable qualitative binaire, distinguant les classifications négatives et positives. Pour examiner plus en détail l’association entre l’UF diurne négative, l’événement primaire d’intérêt, la PIP, variable d’exposition principale, et d’autres variables d’exposition pertinentes, des représentations graphiques et des analyses de régression logistique univariée ont été effectuées. Chaque variable a été analysée indépendamment par rapport à l’événement principal, et les résultats ont été exprimés sous forme de rapports de cotes (OR) avec des intervalles de confiance à 95 % (IC à 95 %). En raison de la taille réduite de l’échantillon, les intervalles de confiance ont été calculés en utilisant la méthode bootstrap.
Afin d’ajuster les facteurs de confusion potentiels, une analyse multivariée a été réalisée, intégrant la PIP et l’indice de masse corporelle (IMC) en raison de leur pertinence clinique et de leur corrélation avec la PIP, ainsi que toutes les variables présentant une valeur p-value < 0,20 dans l’analyse univariée. Une analyse de variance (ANOVA) a été utilisée pour évaluer l’amélioration du modèle de régression logistique après ajustement des covariables.
Concernant la variable d’exposition principale (mesure de la PIP), 20% des données étaient manquante. Une analyse en cas complet a été réalisée.
Les analyses ont été réalisée avec le logiciel R version 4.0.2 (R foundation for Statistical Computing, Vienna Austria).
Cette étude a obtenu l’accord du Comité Local d’Ethique pour la Recherche (CLER) du CHU de Caen, ID 3793.
Résultats
Caractéristiques des patients
Entre le 31 août 2018 et le 12 septembre 2022, un total de 94 patients ont initié une DP dans notre centre, dont 28 ont été traités par DPA six mois après le démarrage de la DP. Un patient a été exclu de l’étude en raison d’un manque d’observance et d’une durée de traitement inférieure à deux mois. Par conséquent, 27 patients ont été inclus dans l’analyse finale ( Figure 1.).
Les caractéristiques cliniques des patients en fonction de leur statut UF diurne (positive ou négative) sont présentées dans le Tableau 1. Les deux groupes de patients présentaient des caractéristiques similaires. L’échantillon comprenait une majorité d’hommes, représentant 88,89 % de la population totale. Les patients avaient un IMC médian indiquant un léger surpoids (IMC > 25). L’IMC médian était légèrement inférieur chez les patients présentant une UF diurne positive (25,71 kg/m²) par rapport à ceux présentant une UF diurne négative (26,93 kg/m²), avec une médiane globale de 25,86 kg/m² pour l’ensemble de la population. En termes de comorbidités, le score mCCI a montré une distribution similaire entre les deux groupes. Il est intéressant de noter que les patients ayant une UF diurne négative avaient une diurèse résiduelle légèrement plus élevée que ceux ayant une UF diurne positive, avec des valeurs médianes de 1650 ml et 1300 ml, respectivement, bien que la différence entre les deux groupes n’ait pas été significative. De plus, la surface corporelle (BSA) ne semble pas différer de manière significative entre les patients présentant une UF diurne positive et négative dans cette cohorte, avec une surface corporelle médiane de 1,88 m² pour les deux groupes.
Figure 1.Conception de l’étude et aperçu des participants
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Patients avec UF diurne positive (n = 17) |
Patients avec UF diurne négative (n = 10) |
Population totale (n = 27) |
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| Âge au début de la DP , médiane (IIQ), années | 63,02 (48,3 - 79,1) | 61,41 (46,43 - 67,7) | 61,66 (46,45 - 72,41) | |
| Sexe, masculin , n (%) | 16 (94) | 8 (80) | 24 (88,89) | |
| IMC , médiane (IIQ), en kg/m² | 25,71 (22,6 - 26,84) | 26,93 (23,46 - 28,4) | 25,86 (22,75 - 28,18) | |
| BSA, médiane (IIQ), m² | 1,88 (1,82 - 2,10) | 1,88 (1,84 - 2,03) | 1,88 (1,80 - 2,05) | |
| Score mCCI , n (%) | ||||
| 2 | 7 (41,17) | 3 (30) | 10 (37,03) | |
| 3 | 3 (17,65) | 2 (20) | 5 (18,52) | |
| 4 | 3 (17,65) | 2 (20) | 5 (18,52) | |
| ≥ 5 | 4 (23,53) | 3 (30) | 7 (25,93) | |
| Diabète , n (%) | 5 (29,41) | 2 (20) | 7 (25,93) | |
| Etiologie de l’IRCT, n (%) | ||||
| Diabétique | 3 (17,65) | 1 (10) | 4 (14,82) | |
| Néphrite interstitielle | 2 (11,77) | 2 (20) | 4 (14,82) | |
| Glomérulonéphrite | 4 (23,53) | 1 (10) | 5 (18,52) | |
| PKD | 3 (17,65) | 3 (30) | 6 (22,22) | |
| Uropathie | 2 (11,77) | 0 (0) | 2 (7,41) | |
| Vasculaire | 3 (17,65) | 0 (0) | 3 (11,11) | |
| Autres | 6 (35,29) | 2 (20) | 8 (29,63) | |
| Inconnu | 0 (0) | 1 (10) | 1 (3,70) | |
| Diurèse résiduelle , médiane (IIQ), ml | 1300 (1000 - 1650) | 1650 (1175 - 1875) | 1500 (1000 - 1700) |
Caractéristiques des patients
Entre le 31 août 2018 et le 12 septembre 2022, un total de 94 patients ont initié une DP dans notre centre, dont 28 ont été traités par DPA six mois après le démarrage de la DP. Un patient a été exclu de l’étude en raison d’un manque d’observance et d’une durée de traitement inférieure à deux mois. Par conséquent, 27 patients ont été inclus dans l’analyse finale ( Figure 1).
Les caractéristiques cliniques des patients en fonction de leur statut UF diurne (positive ou négative) sont présentées dans le (Tableau I). Les deux groupes de patients présentaient des caractéristiques similaires. L’échantillon comprenait une majorité d’hommes, représentant 88,89 % de la population totale. Les patients avaient un IMC médian indiquant un léger surpoids (IMC > 25). L’IMC médian était légèrement inférieur chez les patients présentant une UF diurne positive (25,71 kg/m²) par rapport à ceux présentant une UF diurne négative (26,93 kg/m²), avec une médiane globale de 25,86 kg/m² pour l’ensemble de la population. En termes de comorbidités, le score mCCI a montré une distribution similaire entre les deux groupes. Il est intéressant de noter que les patients ayant une UF diurne négative avaient une diurèse résiduelle légèrement plus élevée que ceux ayant une UF diurne positive, avec des valeurs médianes de 1650 ml et 1300 ml, respectivement, bien que la différence entre les deux groupes n’ait pas été significative. De plus, la surface corporelle (BSA) ne semble pas différer de manière significative entre les patients présentant une UF diurne positive et négative dans cette cohorte, avec une surface corporelle médiane de 1,88 m² pour les deux groupes.
Caractéristiques en DP
Les prescriptions pour les patients traités par DP et les données relatives à la DP sont détaillées dans le (Tableau II). L’UF totale médiane était de 210 ml/jour pour l’ensemble de la population, de 423 ml/jour pour les patients ayant une UF diurne positive et de -138,5 ml/jour pour les patients ayant une UF diurne négative. Le volume total de dialysat prescrit était similaire entre les deux groupes et pour tous les patients, avec une médiane de 7500 ml (IIQ : 6500-8500). Cependant, le volume réellement administré variait : 6869 ml (IIQ : 6260-7640) pour le groupe UF diurne positive, 7663,5 ml (IIQ : 6288,75-8154,5) pour le groupe UF diurne négative, et une médiane de 7150 ml (IIQ : 6227-7793) pour l’ensemble de la population. Ces résultats démontrent une certaine variation dans l’administration effective du volume prescrit. En ce qui concerne le volume de la dernière injection, on observe une médiane de 1500 ml (IIQ : 1500-2000) pour le groupe UF diurne positive, 2000 ml (IIQ : 1750-2000) pour le groupe UF diurne négative, et une médiane de 1800 ml (IIQ : 1500-2000) pour l’ensemble de la population. Cependant, le volume réel administré lors de la dernière injection était sensiblement similaire dans les deux groupes.
Le temps de stase diurne prescrit était similaire entre les groupes, avec une médiane de 16 heures pour l’échantillon (IIQ : 15,97-16). Les valeurs médianes du temps diurne moyen et les intervalles interquartiles indiquaient que la durée prescrite était généralement maintenue dans une fourchette étroite, soit 15,8 (IIQ : 15,58-15,92), démontrant une cohérence dans la gestion du temps de stase chez les patients en dialyse péritonéale. L’utilisation de la solution hypertonique était une option pour 18,52% des patients, avec une légère différence entre les groupes : 23,53% pour le groupe avec UF positive et 10% pour le groupe avec UF négative. Les valeurs médianes de Kt/V et de clairance totale étaient très similaires entre les groupes. La PIP mesurée au démarrage de la DP était de 14 (12-15) cmH2O pour l’ensemble des patients, de 13 (10,25-14,75) cmH2O et 14 (12-15) cmH2O pour les patients avec une UF diurne positive et négative respectivement. Enfin, les valeurs médianes de la fluctuante étaient homogènes entre les groupes, autour de 80%.
|
Patients avec UF diurne positive (n=17 |
Patients avec UF diurne négative (n = 10 |
Population totale (n = 27) |
p-value (α = 0,05) | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Volume total du dialysat , médiane (IIQ), ml | |||||
| Prescrit | 7500 (6500 - 8500) | 8250 (7000 - 9000) | 7500 (7000 - 9000) | 0,2335 | |
| Moyen | 6869 (6260 - 7640) | 7663,5 (6288,75 - 8154,5) | 7150 (6227 - 7793) | 0,4143 | |
| Volume de la dernière injection , médiane (IIQ), ml | |||||
| Prescrit | 1500 (1500 - 2000) | 2000 (1750 - 2000) | 1800 (1500 - 2000) | 0,2285 | |
| Moyen | 1496 (975 - 1835,5) | 1532,5 (1007,75-1919,75) | 1499 (996 - 1922) | 0,7234 | |
| Temps de stase diurne, médiane (IIQ), H | |||||
| Prescrit | 16 (15,5 - 16) | 16 (16 - 16) | 16 (15,97 - 16) | 0,05144 | |
| Moyen | 15,73 (15,03 - 15,92) | 15,84 (15,8 - 16,31) | 15,8 (15,58 - 15,92) | 0,1318 | |
| Nombre de cycles , n (%) | 0,8765 | ||||
| 2 | 3(17,65) | 1 (10) | 4 (14,81) | ||
| 3 | 5 (29,41) | 3 (30) | 8 (29,63) | ||
| 4 | 5 (29,41) | 5 (50) | 10 (37) | ||
| 5 | 3 (17,65) | 1 (10) | 4 (14,82) | ||
| 6 | 1 (5,88) | 0 (0) | 1 (3,7) | ||
| Utilisation d’une solution hypertonique , n (%) | 4 (23,53) | 1 (10) | 5 (18,52) | 0,621 | |
| Kt/V , médiane (IIQ) | 2,23(1,67 - 2,63) | 2,12 (1,7 - 2,29) | 2,14 (1,7 - 2,47) | 0,6918 | |
| Clairance totale , médiane (IIQ), L/semaine/1,73m² | 94,65 (77,52 - 107,78) | 92,44 (85,07 - 98,61) | 92,44 (82,51 - 103,55) | 1 | |
| PIP , médiane (IIQ), cmH 2 O | 13 (10,25 - 14,75) | 14 (12-15) | 14 (12 - 15) | 0,3686 | |
| Fluctuante , médiane (IIQ), en % | 0,8 (0,75 - 0,8) | 0,78 (0,7 - 0,8) | 0,8 (0,7 - 0,8) | 0,5359 | |
| UF totale sur 24 heures , médiane (IIQ), ml/jour | 423 (293 - 532) | -138,5 ([-184,25] - [-90,5]) | 210 ([-95] - 469,5) | référence | |
| UF diurne , médiane (IIQ), ml/jour | 237 (188 - 406) | -139 ([-331,35] - [-109,5]) | 104 ([-115] - 361) | ||
| UF nocturne , médiane (IIQ), ml/jour | 244 (126 - 285) | -132,5 ([-268,25] - [-68]) | -10 ([-132,5] - 242,5) | ||
Association entre les variables d’exposition et l’UF diurne négative
OR (95% IC) |
Valeur p (α = 0,05) |
|
Âge au début de la MP, augmenté de 10 ans |
1,02 (0,89 - 1,11) |
0,93 |
Maladie rénale chronique |
|
|
Diabète |
référence |
|
Glomérulonéphrite |
0,50 (0,02 - 8,51) |
0,64 |
Interstitiel |
0,50 (0,02 - 8,51) |
0,64 |
PKD |
7,50 (0,56 - 2,18) |
0,16 |
Autres |
0,21 (0,01 - 3,09) |
0,27 |
mCCI, augmenté d'une unité |
0,98 (0,86 - 1,10) |
0,69 |
Diurèse résiduelle, augmentée de 100 ml |
1,17 (0,83 - 1,67) |
0,41 |
IMC |
0,98 (0,94 - 1,03) |
0,29 |
IPP, augmenté de 1 cm H2O |
1,05 (0,99 - 1,10) |
0,09 |
PET, type de membrane |
|
|
Haut |
référence |
|
Moyenne-élevée |
1,12 (0,70 - 1,84) |
0,63 |
Kt/V |
1,07 (0,71 - 1,43) |
0,68 |
Volume de la dernière injection, L |
0,84 (0,67 - 1,02) |
0,12 |
Temps de stase diurne, H |
0,96 (0,70 - 1,26) |
0,74 |
Fluctuation, augmentée de 10% |
1,85 (0,37 - 2,74) |
0,28 |
L’association entre l’événement «UF diurne négative» (variable catégorielle binaire) et les différentes variables d’exposition a été évaluée à l’aide d’analyses de régression logistique. Les résultats de l’analyse de régression logistique univariée sont présentés dans le (Tableau III). Chaque variable explicative a été évaluée séparément par rapport à l’événement d’UF diurne négative. Aucune des variables examinées n’a démontré une association statistiquement significative avec l’événement d’UF diurne négative, bien que certaines d’entre elles aient montré des tendances intéressantes. Parmi ces variables, la PIP (Figure 2), le volume de la dernière injection et l’IMC semblent être les variables les plus pertinentes dans le cadre de notre analyse. La Figure 2 montre l’association entre l’UF diurne négative et les valeurs de la PIP, avec une courbe présentant une tendance sigmoïdale.
En outre, afin de limiter les risques de confusion, une régression logistique multivariée a été réalisée. Les variables incluses dans le modèle étaient la PIP, notre variable d’exposition principale, ainsi que l’IMC, une variable cliniquement pertinente corrélée à la PIP, et les variables ayant une p-value inférieure à 0,20, notamment le volume de la dernière injection. Les résultats de l’analyse multivariée sont présentés dans le Tableau 4. Dans l’analyse multivariée, aucune des variables n’était significativement associée à l’événement d’UF diurne négative. Pour évaluer la robustesse du modèle, une analyse de variance (ANOVA) a été réalisée, montrant que la PIP était la seule variable contribuant significativement à l’amélioration de la qualité du modèle (p-value = 0,05).
Figure 2.Relation entre la pression intrapéritonéale et l’UF négative.
| OR (95% IC) | Valeur p-value (α = 0,05) | |
| IMC | 0,97 (0,91 - 1,03) | 0,50 |
| PIP , cmH 2 O | 1,06 (0,96 - 1,13) | 0,54 |
| Volume de la dernière injection , L | 0,97 (0,74 - 1,32) | 0,53 |
Discussion
Les résultats de notre analyse portant sur l’ultrafiltration réalisée lors de la stase longue d’icodextrine en dialyse péritonéale automatisée révèlent des dynamiques intéressantes. En particulier, la PIP émerge comme le principal facteur d’intérêt. Cependant, il est important de noter que le manque de puissance statistique lié à un faible effectif de la cohorte peut expliquer l’absence de résultat statistiquement significatif et a limité notre capacité à appréhender pleinement la complexité des interactions. L’impact clinique des variations de la PIP reste peu documenté dans la littérature, les études existantes étant souvent limitées par la taille restreinte des échantillons et des contraintes méthodologiques. On peut citer l’étude d’Imholz et al. [18], qui ont démontré qu’une augmentation de la PIP entraînait une réduction de l’UF nette, principalement en raison d’une augmentation de l’absorption lymphatique. De même, Díaz et al. [25]ont rapporté que la PIP influence l’efficacité de la DP en diminuant l’UF et la clairance des solutés. Par ailleurs, Durand et al. [23][24] ont constaté que même une augmentation modeste de 1 cmH2O de la PIP pouvait réduire l’UF totale de 70 ml après deux heures, principalement en raison d’une augmentation de la réabsorption lymphatique.
En outre, en 2009, Lambie et al. ont souligné que les pressions hydrostatiques intrapéritonéale et extrapéritonéale, ainsi que les pressions osmotiques, étaient des facteurs clés influençant la direction et la quantité de l’UF. Plus précisément, une pression hydrostatique intrapéritonéale élevée, et donc une PIP élevée, favorise la réabsorption des liquides, ce qui peut entraîner une UF négative, tandis qu’une pression osmotique colloïdale plasmatique élevée favorise l’UF [8].
De plus, nos résultats, bien qu’ils ne soient pas statistiquement significatifs, suggèrent une dynamique possible entre l’IMC et l’UF diurne. Plusieurs études ont démontré une corrélation entre l’IMC et la PIP, Castellanos et al. et Dejardin et al. [20,21] ayant tous deux observé une corrélation entre un IMC élevé et une PIP élevée. Cela suggère que les patients ayant un IMC élevé sont plus susceptibles d’avoir une PIP élevée, ce qui pourrait contribuer à une UF négative. En outre, des études de plus grande envergure devraient tendre à étudier l’interaction potentielle entre l’IMC et la PIP, et son impact sur les volumes d’UF.
Nous avons également observé un lien potentiel entre le volume prescrit de dernière injection et l’UF diurne. Plus précisément, des volumes prescrits plus élevés semblent être associés à une UF diurne plus négative, bien que les résultats ne soient pas statistiquement significatifs. Cette association pourrait être médiée par la PIP, car une augmentation du volume prescrit pourrait élever la PIP, influençant ainsi l’UF. Les directives actuelles recommandent des prescriptions de DP individualisées, axées sur l’équilibre hydrique, les aspects nutritionnels et métaboliques et la clairance des solutés de faible poids moléculaire [26]. Bien que l’ISPD ne recommande pas la mesure systématique de la PIP, nous pensons qu’elle pourrait constituer un outil précieux pour optimiser les prescriptions de DP [24][25][26]. La mesure de la PIP pourrait permettre d’ajuster précisément le volume de liquide utilisé en dialyse péritonéale afin de prévenir les complications. Une surveillance régulière de la PIP contribuerait à identifier les patients à risque et à orienter leur prise en charge clinique de manière proactive. En cas de défaut d’UF ou de surcharge liquidienne, elle constitue un outil diagnostique clé pour évaluer la tolérance du patient au liquide intrapéritonéal et optimiser les stratégies thérapeutiques. Au CHU de Caen, la mesure de la PIP est systématiquement intégrée dès l’initiation de la DP. En cas de PIP élevée, les prescriptions de DP sont ajustées en réduisant les volumes perfusés, afin d’optimiser la tolérance du patient et d’atténuer les risques associés. Cette approche proactive permet une gestion plus précise de la PIP, favorisant ainsi de meilleurs résultats en termes d’ultrafiltration.
Autre résultat probant de notre analyse, bien que les résultats ne soient pas statistiquement significatifs chez les patients diabétiques, 5 sur 7 ont obtenu une UF positive. Auparavant, Ahmad et al. [13]ont mené une étude rétrospective comparant les variations de l’UF chez 17 patients diabétiques et 23 patients non diabétiques en DPA. Leurs résultats suggèrent que l’icodextrine pourrait être plus efficace pour l’UF chez les patients diabétiques, bien que les mécanismes sous-jacents ne soient pas clairement définis.
Dans notre échantillon, nous avons constaté que les patients ayant une UF diurne négative présentaient un niveau plus élevé de fonction rénale résiduelle. Cette observation nous amène à nous demander si l’UF diurne négative pourrait être liée à la réabsorption des fluides, ce qui pourrait contribuer à un état d’hypervolémie relative et, à son tour, expliquer l’augmentation du volume d’urine observée chez ces patients.
Enfin, nous avons observé que l’utilisation de solutions hypertoniques pendant les échanges nocturnes était plus faible dans le groupe de l’UF diurne négative. Les solutions hypertoniques sont couramment utilisées pour améliorer l’UF en augmentant le gradient osmotique. En outre, il a été noté que la diurèse résiduelle était plus importante dans ce groupe. Nous émettons donc l’hypothèse que les patients ayant une UF diurne négative peuvent avoir une fonction rénale plus préservée, un meilleur contrôle du volume et, par conséquent, un moindre besoin de solutions hypertoniques pour réaliser l’UF.
Plusieurs limites doivent être prises en compte lors de l’interprétation des résultats de cette étude. La principale limite est la petite taille de l’échantillon, qui réduit la puissance statistique de l’analyse et peut compromettre notre capacité à détecter des différences significatives entre les groupes. Cela souligne la nécessité de mener des études plus vastes et plus complètes pour confirmer et affiner nos résultats. Nous avons également supposé que la moyenne du volume quotidien d’UF sur une semaine contribuerait à réduire la variabilité entre les patients. Les calculs d’UF ont été effectués à l’aide de Sharesource®. En outre, cette étude a utilisé un modèle d’observation rétrospectif, ce qui limite intrinsèquement notre capacité à établir des relations de cause à effet entre les variables. Malgré nos efforts pour contrôler les facteurs de confusion connus, il peut toujours y avoir des variables non mesurées qui pourraient introduire un biais dans nos résultats. Il est essentiel de reconnaître cette nature observationnelle lors de l’interprétation de nos résultats, car nous ne pouvons pas déduire définitivement la causalité. En outre, l’étude a été menée dans un seul centre, ce qui peut limiter la généralisation de nos conclusions. Les caractéristiques de notre échantillon et l’environnement institutionnel spécifique peuvent ne pas représenter avec précision des populations de patients ou des environnements cliniques plus larges. Par conséquent, il convient d’être prudent lors de l’application de nos résultats à d’autres contextes, et il est nécessaire de reproduire ces résultats dans des populations et des contextes divers. La mesure de la pression péritonéale au jour 4 peut également conduire à des valeurs surestimées, car la paroi abdominale peut ne pas s’adapter complètement à la présence de liquide, en particulier dans les cas impliquant un volume intrapéritonéal important. Enfin, bien que nous ayons tenté de tenir compte de divers facteurs de confusion, il reste possible que des variables non mesurées - y compris les antécédents médicaux détaillés, les comportements individuels en matière de santé et les facteurs sociodémographiques - aient pu influencer les résultats. Ces facteurs n’ont pas été inclus dans notre analyse et leur impact potentiel doit être pris en compte lors de l’interprétation de nos résultats.
Conclusion
En conclusion, cette étude observationnelle rétrospective et monocentrique a analysé l’apparition d’une UF diurne négative chez des patients sous DPA avec icodextrine, en explorant les facteurs susceptibles d’influencer ce phénomène. Même si nos résultats ne soient pas statistiquement significatifs, probablement en raison de la taille restreinte de l’échantillon, ils suggèrent une possible association entre une PIP élevée et une UF diurne négative. Bien que la mesure systématique de la PIP ne soit pas encore intégrée aux recommandations cliniques, nos résultats mettent en évidence son potentiel pour optimiser la prise en charge des patients en DP. Nous recommandons aux centres ne mesurant pas systématiquement la PIP d’envisager son évaluation lorsqu’une UF diurne négative est observée. Cette approche permettrait de détecter d’éventuelles élévations excessives de la PIP et d’adapter les prescriptions de dialyse péritonéale, notamment en ajustant les volumes perfusés, afin d’optimiser les résultats cliniques pour les patients. Compte tenu des limites de notre étude, notamment la taille restreinte de la cohorte, des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de mieux comprendre les implications cliniques de la PIP et son impact sur l’UF en DPA.
Contributions des auteurs
Srouji T. : A contribué à la conceptualisation de l’étude, effectué des analyses statistiques et rédigé le manuscrit.
Boyer A. : A contribué à la conceptualisation de l’étude, effectué des analyses statistiques et révisé le manuscrit.
Lanot A., Béchade C., Lobbedez T. : Ont contribué à la conception de l’étude.
Approbation éthique
Cette étude a été approuvée par le Comité local d’éthique de la recherche, CLER, du Centre Hospitalier Universitaire de Caen (ID 3793).
Consentement du patient
Cette étude observationnelle rétrospective repose sur l’analyse de données de patients suivis au CHU de Caen. Conformément à la réglementation en vigueur, le recueil du consentement individuel des patients n’est pas requis. L’approbation du Comité Local d’Éthique et de la Recherche (CLER) est suffisante.
Financement
Les auteurs déclarent n’avoir reçu aucun soutien financier pour la recherche, la rédaction ou la publication de cet article.
Conflits d’intérêts
Les auteurs n’ont rien à déclarer.
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